Revue Migrations Forcées
31
Les changements climatiques et le
déplacement environnemental
Que les populations se déplacent pour des raisons environnementales, le fait n’est pas nouveau. Depuis toujours, des gens ont été forcés de quitter leur pays par manque de ressources et / ou de conflit déclenché par ce manque. La migration, et en général les mouvements de population, ont toujours été un phénomène inhérent à l’histoire humaine et même un mécanisme important d’adaptation. Ce qui est plus nouveau, c’est le potentiel de mouvement massif qui se dessine à l’heure actuelle, dû à des facteurs chroniques tels que la désertification, la raréfaction généralisée des ressources vitales et la multiplication de catastrophes climatiques majeures (inondations, sécheresses, ouragans, tsunamis). A mesure que l’humanité, ne pouvant plus en ignorer les symptômes aigus ou chroniques, se rend compte que le climat planétaire change à une vitesse accélérée, les mises en garde se multiplient : il devient manifeste que les populations déplacées seront de plus en plus nombreuses à l’avenir. Ces déplacements, à leur tour, risquent d’alimenter des conflits existants ou d’en créer de nouveaux, toujours autour de la question des ressources, mettant en fuite de nouveaux groupes de population. Mais malgré l’évidence de cette spirale, il est malaisé d’établir une causalité directe entre les facteurs environnementaux et les mouvements de population ; en effet, ces phénomènes répondent à une interaction plus que complexe entre des éléments environnementaux, socio-économiques, politiques et gouvernementaux.
Sur ce sujet, la RMF recherche pour son dossier des articles axés sur des aspects pratiques, susceptibles de refléter des opinions diverses. On pourra par exemple se pencher sur les questions suivantes :
- Comment prédire la nature et l’échelle d’un déplacement de population dû à des facteurs environnementaux ? Un débat quantitatif visant à cerner le nombre des déplacés potentiels serait-il favorable ou plutôt préjudiciable à une préparation efficace et au développement de stratégies préventives ?
- Peut-on prédire l’impact d’un développement de population à grande échelle sur la population locale ? Dans quelle mesure cet impact peut-il varier entre les zones urbaines et les zones rurales ? Quel en sera l’effet sur les programmes de soutien des ONG, des Nations Unies et des donateurs privés ?
- Quelles variations pourra-t-on constater (en termes de migration, d’adaptation et de réponse) selon la rapidité de développement d’une crise ?
- Peut-on citer et décrire des exemples qui illustrent certaines stratégies d’adaptation et de résistance à l’adversité ?
- Quels sont les facteurs clés qui font qu’une population quitte la zone concernée plutôt que de s’adapter à la crise sur place ?
- Quand une population est-elle poussée à partir de chez elle, quand est-elle plutôt attirée par une région voisine ? Y a-t-il des exemples de déplacement « positif » ? La migration peut-elle correspondre à une stratégie d´évitement de la crise tout en ne provoquant aucune crise dans la région d’accueil ?
- Peut-on citer des exemples qui prouvent qu’une intervention précoce aurait pu empêcher un conflit et / ou un déplacement de population ?
- Qui assume sa responsabilité face à une population déplacée pour des raisons environnementales ?
- Comment la communauté internationale peut-elle aider les populations locales à éviter le conflit autour d’une ressource manquante ? Quel travail les communautés locales font-elles déjà pour la paix ?
- La communauté internationale juge-t-elle parfois mal les problèmes, ce qui l’empêche de prévoir correctement les événements ? A-t-elle parfois tendance à proposer et à mettre en œuvre des politiques mal adaptées ?
- Faut-il envisager de redéfinir le concept de « réfugié », et avec lui, celui de protection ?
- Dans quelle mesure les problèmes de souveraineté nationale représentent-ils un handicap dans les cas de déplacement interne ?
- Lorsque des donateurs bilatéraux exigeront, pour des raisons de traçabilité et de comptes à rendre, d’éprouver la « fiabilité climatique » des projets qu’ils financent, quel en sera l’impact ?
- Quel rôle jouent les médias dans la sensibilisation et l’éducation des populations ? Et inversement, dans quelle mesure sont-ils anxiogènes face au phénomène de la migration massive ? Peut-on citer des initiatives médiatiques efficaces à l’échelle locale, régionale et internationale ?
Délai de rédaction des articles : 1er avril
2008. Longueur maximum : 2.500 mots. Pour toute information complémentaire, les auteurs pourront consulter www.fmreview.org/writing.htm. Merci de nous contacter le plus rapidement possible si vous souhaitez contribuer ou nous indiquer des collègues susceptibles de le faire.
Nous sommes particulièrement intéressés par les témoignages issus des communautés affectées par le phénomène exposé ici. N’hésitez pas à nous contacter même si vous n’avez jamais rédigé un article auparavant. Nous serions heureux de pouvoir vous aider à établir un texte qui reflètera votre expérience.
Egalement, nous serions heureux que vous nous aidiez à diffuser cette information autour de vous, ainsi qu’à faire connaître le recueil, une fois imprimé. Si vous pensez pouvoir le faire, merci de nous contacter.
Nous invitons nos lecteurs à nous envoyer leurs contributions écrites sur tous les aspects de la migration forcée à l’heure actuelle. En plus du dossier spécial, nous réservons toujours un tiers de chaque numéro à des sujets « hors dossier ».
Merci de contacter notre équipe de rédaction : fmr@qeh.ox.ac.uk
La RMF est un organe entièrement financé par des donations. Chacun de nos numéros, publié quatre langues (anglais, français, arabe, espagnol) coûte
70.000 livres sterling / 137.000 dollars / 94.000 euros pour la mise en page, la traduction, l’impression et la distribution. Nous sommes très reconnaissants à toute personne qui nous indiquera des organismes susceptibles de nous aider.
Marion Couldrey, Rédactrice en chef, Revue Migrations Forcées rmf@qeh.ox.ac.uk
|
Retour à la page d’accueil
violence sexuelle, violences sexuelles, violences sexuelles contre les femmes, viol, UNFPA, l’UNFPA, exploitation sexuelle, abus sexuel, santé sexuelle, lutte contre la violence sexuelle, santé reproductive, stigmatisation, survivants de violences sexuelles, violence liée au genre
|