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Revue des migrations forcées - Saviez-vous?

Combien de personnes sont déplacées ?
Fin 2007, le nombre de personnes sous la responsabilité du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) s'élevait à 25,1 millions, en augmentation par rapport aux 20,8 millions dénombrés fin 2005. Parmi les personnes dont l'UNHCR est responsable, l'on compte 11,4 millions de réfugiés et 13,7 millions de personnes déplacées de l'intérieur (PDI) - en forte hausse par rapport aux 6,8 millions de PDI recensées fin 2005. Les personnes relevant de la compétence de l'UNHCR comprennent les réfugiés et les demandeurs d'asile, les rapatriés, les apatrides, certains groupes de PDI et d'autres personnes encore qui ne tombent dans aucune de ces catégories.

Selon le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants (U.S. Committee for Refugees and Immigrants - USCRI), le nombre total de réfugiés et demandeurs d'asile fin 2007 s'élevait à 14 millions.  Quant au Centre de surveillance des déplacements internes (Internal Displacement Monitoring Centre, IDMC), il estime que les conflits à travers le monde étaient la cause du déplacement de 26 millions de PDI en décembre 2007. En tout, l'UNHCR estime que la population totale mondiale de réfugiés et de PDI s’élevait à 67 millions fin 2007.

Réfugiés et demandeurs d'asile
Selon l'UNHCR, le plus grand nombre de réfugiés en 2007 venait des pays suivants : Irak (2 279 247), Afghanistan (1 909 911), Soudan (523 032), Somalie (455 357), Burundi (375 727), République Démocratique du Congo (RDC) (370 374), Ancienne Palestine (335 219), Vietnam (327 776), Turquie (221 939), Érythrée (208 743) et Myanmar (Birmanie) (191 256). Les demandeurs d'asile venaient en majorité des pays suivants : Iraq (52 000), Somalie (46 100), Érythrée (36 000), Colombie (23 200), Fédération de Russie (21 800), Éthiopie (21 600) et Zimbabwe (20 700). L'USCRI estime que la proportion de réfugiés par rapport à la population totale est la plus élevée dans les États et territoires suivants: Cisjordanie et Gaza (1:2), Jordanie (1:9), Syrie (1:11), Liban (1:12), Tchad (1:37), Équateur (1:50), Koweït (1:55), Iran (1:71), Congo-Brazzaville (1:86), Tanzanie (1:89), Pakistan (1:90), Arabie Saoudite (1:96) et Serbie (1:97). L'on estime entre 100 000 et 400 000 le nombre de réfugiés nord-coréens vivant dans les pays voisins ; toutefois il est difficile d'évaluer leur nombre exact puisque l'UNHCR n'a aucun accès à ces populations et que de nombreux réfugiés nord-coréens vivent en clandestinité dans les pays d'accueil. La Chine déporte systématiquement les réfugiés nord-coréens sous prétexte qu'ils sont des migrants économiques.

Personnes déplacées de l'intérieur (PDI)
Comme le mandat principal de l'UNHCR ne comprend pas les PDI, ses statistiques sur ces dernières ne sont que de larges estimations. Selon l'UNHCR, il se trouvait, fin 2007, un total de 51 millions de PDI, dont 26 millions avaient été déplacées par des conflits et 25 millions par des catastrophes naturelles. Par contre l'IDMC estimait, quant à lui, que la population mondiale de PDI s'élevait à 26 millions fin 2007. Cette population était répartie, au niveau régional, de la manière suivante : 12,7 millions de PDI en Afrique, 4,2 millions aux Amériques, 3,1 millions en Asie, 2,5 millions en Europe et 3,5 millions au Moyen-Orient. L'UNHCR signale que la Colombie possède « l'une des plus grandes populations de PDI à travers le monde » et que la population de PDI en Irak est passée de 1,8 à 2,4 millions au cours de l'année 2007. L'IDMC dénombre 5,8 millions de PDI au Soudan, jusqu'à 4 millions en Colombie et 2,5 millions en Irak. L'IDMC a identifié les pays suivants comme ceux connaissant les « pires situations de déplacement » : République centrafricaine, Tchad, Colombie, RDC, Éthiopie, Indonésie (Papouasie occidentale), Irak, Kenya, Pakistan, Somalie, Soudan, Ouganda et Zimbabwe. A cause des violations des droits humains et de la malnutrition avancée en Corée du Nord, il s'y trouve potentiellement des millions de PDI. Parmi les pays dont les autorités nationales n'offraient pas ou très peu d'assistance aux PDI en 2007, on compte le Bangladesh, la Birmanie, Israël (territoires palestiniens occupés), le Pakistan, la Somalie, le Soudan et le Zimbabwe. Par contre, les gouvernements des pays suivants ont fait des efforts afin de venir en aide aux populations de personnes déplacées à l'intérieur de leur territoire : Azerbaïdjan, Bosnie-Herzégovine, Côte d’Ivoire, Croatie, Géorgie, Liban, Liberia, Turquie et Ouganda.

Situation démographique des personnes déplacées
Les personnes relevant de la compétence de l'UNHCR à travers le monde comprennent, selon les estimations, 44%d'enfants et de jeunes de moins de 18 ans, 50%de femmes et 5 pourcent de personnes âgées (60 ans et plus). L'IDMC, quant à lui, estime qu'entre 70 et 80% de la population totale de PDI dans le monde en 2006 était constitué de femmes et d'enfants. L'UNHCR remarque en outre que les enfants non accompagnés ou séparés de leur famille sont la plupart du temps de sexe masculin : « Parmi les 9 130 enfants non accompagnés ou séparés de leur famille demandeurs d'asile en 2003, seulement 28% étaient des filles. » Les migrants forcés plus âgés sont souvent des femmes qui représentent parfois jusqu'à 30%des groupes de déplacés.

La Commission des femmes pour les femmes et enfants réfugiés (Women’s Commission for Refugee Women and Children) estime qu'il se trouve entre 2,5 et 3,5 millions de personnes handicapées déplacées dans le monde. Il est toutefois difficile d'obtenir des statistiques précises car ce genre de données n'est pas recueilli lors de l'immatriculation. Ces personnes ont souvent besoin de services spéciaux auxquelles elles n’ont pas accès à cause de l'exclusion dont elles font l’objet et du manque d'accès aux services en général. Elles sont souvent considérées comme un fardeau et laissées à l'arrière-plan plutôt que d'être sollicitées comme une ressource bien informée en ce qui concerne l'accès aux soins et aux autres services.

Réinstallation des réfugies
Selon l'USCRI, les États-Unis, le Canada, l'Australie, la Suède et la Norvège sont les pays qui, en 2007, ont accepté de réinstaller le plus grand nombre de réfugiés. Ce sont ainsi les pays au monde où a lieu le plus grand nombre de réinstallations. Les États-Unis ont accueilli 48 281 réfugiés en 2007 ; ils en avaient accueilli 53 800 en 2005. Avec une population d'accueil de 21 millions d'habitants, l'Australie a admis 10 722 réfugiés en 2007, alors que, la même année, le Royaume-Uni n'en a admis que 498, bien que sa population d'accueil soit presque trois fois plus élevée que celle d'Australie. En 2007, l'UNHCR a facilité la réinstallation d'environ 49 900 réfugiés, soit une augmentation importante par rapport aux 30 500 réfugiés réinstallés en 2005. Ces réfugiés dont la réinstallation a été facilitée par l’UNHCR en 2007 venaient principalement de Birmanie (20 200) — une forte augmentation par rapport aux  5 700 Birmans réinstallés en 2005— du Burundi (6 300), de Somalie (5 900), d'Irak (3 800), de RDC (2 500) et d'Afghanistan (2 300).

Rapatriement des réfugiés et des PDI
L'UNHCR indique que le rapatriement librement consenti de réfugiés en 2007 était le plus élevé à destination des pays suivants : Afghanistan (374 000), Soudan (130 700), RDC (60 000), Irak (45 400) et Liberia (44 400). En outre, l'UNHCR note qu’ « à l'échelle mondiale, plus de six millions de réfugiés ont pu retourner chez eux entre 2002 et 2005 ».  Selon l'IDMC, depuis 2007, les pays qui connaissent le plus grand nombre de rapatriements de PDI sont la RDC, le Pakistan, le Soudan et l'Ouganda. L'USCRI signale toutefois que, dans de nombreuses situations, le rapatriement des réfugiés est forcé, malgré le principe de non-refoulement. En 2005, toujours selon l'UNCRI, 50 000 réfugiés nord-coréens présents en Chine ont été rapatriés en Corée du Nord, ce qui aura comme conséquence pour ceux-ci d’être mis en détention ou même pire, puisque la trahison est passible de la peine de mort en Corée du Nord.

Qui a signé la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés ?
Bien que 144 États soient signataires de la Convention de 1951 et du Protocole de 1967, 50 pays ne le sont toujours pas. En outre, certains pays ont seulement signé le Protocole de 1967 mais pas la Convention de 1951, comme les États-Unis, le Cap-Vert et le Venezuela. Tous les pays de l'Union européenne ont signé la Convention. Depuis 2002, l'Afghanistan et le Timor-Leste sont devenus signataires de la Convention.  Les pays qui n'ont pas signé la Convention de 1951 comprennent un large groupe de pays asiatiques importants (Bangladesh, Inde, Indonésie, Malaisie, Pakistan et Thaïlande) et la moitié des pays du monde arabe (Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis). Au total, seuls 12 des 24 États d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud-ouest sont signataires de la Convention.

Qui offre refuge aux personnes déplacées ?
Le partage des obligations quant aux réfugiés est particulièrement inégal à travers le monde. Les pays qui accueillaient le plus grand nombre de réfugiés en 2007 étaient les suivants : Pakistan (2 millions), Syrie (1,5 million), Iran (963 000), Allemagne (578 000), Jordanie (500 000), Tanzanie (435 000), Chine (300 000), Royaume-Uni (299 000), Tchad (294 000) et États-Unis (281 000). EN 2007, la proportion de réfugiés enregistrés par rapport à la population résidente totale était de : 1:2 en Cisjordanie et à Gaza, 1:9 en Jordanie, 1:11 en Syrie, 1:12 au Liban et 1:37 au Tchad, en comparaison avec 1:2 032 aux États-Unis, 1:3 815 en Allemagne et 1:44 110 au Japon en 2006.

Le nombre de demandeurs d'asile que le Royaume-Uni a acceptés en 2002 ne correspond qu'à 0,5 pourcent de sa population. Selon l'UNHCR, « Bien qu'ils n'aient ni la richesse, ni la stabilité du Royaume-Uni, ce sont les pays en développement [...] qui continuent d'accueillir la majorité des réfugiés dans le monde ». Les réfugiés établis en Afrique et dans l'ensemble Asie Centrale - Asie du Sud-Ouest - Afrique du Nord - Moyen-Orient (CASWANAME) sont au nombre de 6,2 millions. Au contraire, les pays européens et ceux de l'ancien bloc soviétique, qui comptent parmi les pays les plus riches au monde, accueillent 1,7 millions de réfugiés.

Quelles sont les populations déplacées en Afrique ?
Fin 2007, en Afrique, l'IDMC dénombrait 12,7 millions de PDI, alors que l'UNHCR comptait 2 271 000 réfugiés et 10 986 000 personnes relevant de sa compétence. La RDC, le Soudan, l'Ouganda, la Somalie et la Côte d’Ivoire sont les pays où le plus grand nombre de personnes relèvent de la compétence de l'UNHCR.

Qui finance les programmes destinés aux réfugiés et aux PDI ?
L'USCRI a révélé que les gouvernement donateurs ont donné les montants suivants en 2007 à trois organismes internationaux - l'UNHCR, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) : USA (652 700 000 $), Commission européenne (283 700 000 $), Royaume-Uni (142 100 000 $), Suède (135 500 000 $), Japon (131 400 000 $), Pays-Bas (117 000 000 $), Norvège (93 500 000 $), Danemark (77 600 000 $), Canada (77 200 000 $), Australie (73 300 000 $), Colombie (72 600 000 $) et Allemagne (49 700 000 $) entre autres.

Contrairement à la plupart des organes de l'ONU, l'UNHCR n'est financé que pour une très petite partie par le budget ordinaire de l'ONU, « correspondant à quelque 3% des ressources totales de l'UNHCR en 2006 ». En 2006, l'UNHCR était dépendant à 94% des contributions volontaires pour couvrir ses frais administratifs et opérationnels. Le budget de l'UNHCR pour 2006 s'élevait à 1 145 297 000 $ et l'ensemble des contributions reçues cette même année représentaient 1 080 160 062 $. En juin 2008, les contributions des individus et des pays donateurs pour l'exercice 2008 s'élevaient à 1,17 milliards de dollars.

Les besoins financiers de l'UNHCR pour 2008 s'élèvent, après révision, à 1,67 milliards de dollars. 

Les dépenses déclarées par les grands organismes humanitaires pour 2006 sont les suivantes : UNHCR (1 434 804 800 $), Programme alimentaire mondial (2 664 994 000 $), UNICEF (2 343 000 000 $), Comité international de la Croix-Rouge (CICR) (881 375 008 $), Organisation internationale pour les migrations (OIM) (733 000 000 $), Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) (488 261 000 $), Oxfam International (638 250 000 $), Médecins Sans Frontières (705 470 000 $) et Alliance Internationale Save the Children (863 094 631 $).

Veuillez vous référer au tableau ci-dessous pour consulter la liste des montants donnés à l'UNHCR en 2007 par les différents pays donateurs. Parmi les organisations ayant apporté une contribution à l'UNHCR en 2007 se trouvent : la Commission européenne (84 649 337 $), l'Union africaine (350 000 $), le Fonds humanitaire commun pour le Soudan (10 092 063 $), le Fonds commun pour la RDC (3 072 868 $), le Fonds d'affectation spéciale pour l'Iraq du Groupe des Nations Unies pour le développement  (3 334 491 $), le PNUD (30 000 $), le BCAH (624 209 $) et le Fonds de l'OPEP pour le développement international (1 193 441 $).

Au niveau mondial, les fonds pour l'assistance humanitaire générale rassemblés par l'ONU, les ONG, les gouvernements et les donations individuelles sont passés de 436 millions de dollars en 1970 à 8,4 milliards de dollars en 2004. Environ la moitié des engagements de dépenses humanitaires sont d'ordre alimentaire, alors que les engagements de dépense pour la santé, l'eau et l'assainissement, l'éducation et le logement sont minimes.

 

Pays

Donations à l'UNHCR en 2007, en dollars américains

Nombre de réfugiés, PDI, rapatriés, apatrides et autres personnes relevant de la compétence de l'UNHCR, fin 2006

PIB par habitant, 2007

Dépenses militaires – Pourcentage du PIB, 2002-06

Afrique du Sud

268 033 $

166 197

9 800 $

1,7%

Allemagne

33 285 877 $

668 226

34 200 $

1,5%

Arabie saoudite

414 049 $

311 050

23 200 $

10,0%

Australie

16 689 110 $

70 368

36 300 $

2,4%

Canada

35 662 770 $

175 420

38 400 $

1,1%

Chine

250 000 $

301 130

5 300 $

4,3%

Colombie

525 000 $

3 000 267

6 700 $

3,4%

Corée du Sud

2 198 037 $

710

24 800 $

2,7%

Danemark

57 945 675 $

37 901

37 400 $

1,5%

Émirats arabes unis

10 053 263 $

206

37 300 $

3,1%

États-Unis

367 115 973 $

967 721

45 800 $

4,1%

Fédération de Russie

2 000 000 $

452 559

14 700 $

3,9%

France

21 139 854 $

186 471

33 200 $

2,6%

Inde

9 799 $

159 048

2 700 $

2,5%

Irlande

27 564 260 $

11 341

43 100 $

0,9%

Israël

100 000 $

1 700

25 800 $

7,3%

Japon

89 703 788 $

4 887

33 600 $

0,8%

Liban

73 000 $

772 853

11 300 $

3,1%

Mexique

103 479 $

3 455

12 800 $

0,5%

Norvège

55 254 959 $

51 964

53 000 $

1,9%

Nouvelle-Zélande

5 247 958 $

5 135

26 400 $

1,0%

Pays-Bas

74 170 363 $

118 153

38 500 $

1,6%

Royaume-Uni

56 212 879 $

314 161

35 100 $

2,4%

Suisse

21 288 138 $

61 061

41 100 $

1,0%

Thaïlande

20 000 $

151 829

7 900 $

1,8%

Les Palestiniens sont-ils des réfugiés ?
Selon l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), il se trouvait, en décembre 2007, 4 562 820 réfugiés palestiniens immatriculés répartis en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie et sur la bande de Gaza. 1 355 000 d’entre eux étaient immatriculés dans des camps. On comptait en l'an 2000 un total de 7 millions de réfugiés palestiniens à travers le monde dont plus de 2,5 millions qui ne sont pas immatriculés auprès de l'UNRWA. La grande majorité des réfugiés palestiniens vivent toujours à moins de 100 km de la frontière avec Israël, la Cisjordanie ou la bande de Gaza, où ils habitaient à l'origine. Environ 64% des réfugiés palestiniens « ont moins de 30 ans ». Un réfugié sur quatre dans le monde est palestinien.

Les Palestiniens ne sont toutefois pas pris en compte par l'UNHCR - ni par ses statistiques - car leur expulsion date de 1948 et précède donc la création de l'UNHCR et la signature de la Convention de Genève en 1951.

Au contraire de l'UNHCR, l'UNRWA, l'organe de l'ONU établi en 1949 pour venir en aide aux réfugiés palestiniens, n'a pas pour mandat de protéger les réfugiés. L'UNRWA offre toutefois une assistance qui comprend l'éducation, la santé, le secours et les services sociaux, ainsi que le microfinancement et la microentreprise.

Malheureusement, le budget de l'UNRWA continue de baisser alors que le nombre de réfugiés palestiniens continue d'augmenter. Le budget de l'UNRWA pour l'année 2008 est de 541,8 millions de dollars, alors que son budget pour l'année 2002-2003 était de 790 millions de dollars. Ce budget ne sera peut-être pas suffisant pour maintenir les activités actuelles liées à la santé, à l'éducation, au secours et aux services sociaux.

Les deux tiers des Palestiniens tués lors de la première année de l'intifada d'Al-Aqsa en 2000 étaient des réfugiés, ce qui est bien plus élevé que la proportion de résidents réfugiés par rapport aux résidents non-réfugiés dans les territoires palestiniens occupés. En outre, mille cinq cents maisons abritant des familles de réfugiés avaient été détruites ou endommagées.

Quels sont les accomplissements des réfugiés ?
Dix-sept Prix Nobel ont été décernés à des réfugiés. Plus de 120 membres associés et membres étrangers de la Royal Society et de la British Academy étaient des réfugiés. De nombreux réfugiés sont devenus célèbres, parmi lesquels : Chinua Achebe, Bela Bartók, Josef Albers, Madeleine Albright, Yasmin Alibhai-Brown, Isabel Allende, Hannah Arendt, Mikhail Baryshnikov, Bruno Bettelheim, Luis Buñuel, Robert Capa, Marc Chagall, Frederic Chopin, Adrienne Clarkson, the Dalai Lama, Gao Xingjian, Charles de Gaulle, Marlene Dietrich, Ariel Dorfman, Albert Einstein, Nawal El Saadawi, Philip Emeagwali, Gloria Estefan, Nuruddin Farah, Andy García, Nadine Gordimer, Thich Nhat Hanh, Jose Ramos Horta, Victor Hugo, Karayman Ismailov, Milan Kundera, Claude Lévi-Strauss, Lomana Tresor LuaLua, Thabo Mbeki, Rigoberta Menchú Tum, Czeslaw Milosz, Vladimir Nabokov, Pablo Neruda, Edward Said, Sima Samar, Sitting Bull, Wole Soyinka et Elie Wiesel.

Michael Marks, le fondateur de Marks and Spencer, était un réfugié. La célèbre architecte Eva Jiricna était une réfugiée. Paul Hamlyn, éditeur de Reed International Books, était un réfugié.

Le « fish and chips », plat traditionnel britannique, a été introduit au Royaume-Uni au XVII˚ siècle par les Juifs qui avaient été expulsés du Portugal. Le premier papier toilette doux au Royaume-Uni a été fabriqué par les réfugiés juifs-allemands à St Andrew Mill, à Walthamstow (nord-est de Londres) en 1945.

Qui pourrait mieux faire ?
Selon le Conseil européen sur les réfugiés et les exilés (CERE) en 2005, la France ne pratique aucun programme de réinstallation. Au Japon, toujours en 2005, le taux de reconnaissance des réfugiés a augmenté de 15 % ; toutefois le Japon n'a mis en place aucun programme de réinstallation pour les réfugiés, sauf pour ceux d'origine indochinoise. Alors que les États-Unis ont réinstallé 53 000 réfugiés en 2004 et l'Australie prés de 16 0000, le Royaume-Uni n'en a réinstallé que 150. La Nouvelle-Zélande, pays de la même taille environ que le Royaume-Uni et avec un PIB par habitant moins élevé, a réussi à réinstaller 825 réfugiés, soit plus de cinq fois le nombre de personnes ayant reçu refuge au Royaume-Uni.

Un déferlement de demandeurs d'asile ?
Le nombre de demandes d'asile n'est pas en augmentation. Environ 740 000 personnes ont fait une demande d'asile auprès d'un gouvernement ou de l'UNHCR dans le monde en 2007, alors que le nombre de demandes était de 923 000 en 2001 et de 1 092 000 en 2000. Selon le CERE, le nombre de dossiers de demandes d'asile déposés en Union européenne était de 381 623 en 2002, alors qu'il n'était que de 263 210 en 2005. En 2007, sur les 637 000 demandeurs d'asiles dans le monde, seuls 149 000 ont acquis le statut de réfugié selon la Convention de 1951 sur les réfugiés. Parmi les 374 000 demandeurs d'asile en Europe en 2005, seuls 51 000 environ ont obtenu le statut de réfugié. Toujours selon le CERE, lorsque l'on compare le nombre de demandeurs d'asile en UE avec la population totale du pays dans lequel ils effectuent leur demande (c.-à-d. nombre de demandes pour 1 000 habitants), la Suède arrive en tète avec 2,57 demandes pour 1 000 habitants entre 1992 et 2001, suivie par les Pays-Bas avec 2,27 demandes, la Belgique avec 2,16 demandes puis l'Allemagne avec 1,94 demandes. Le Royaume-Uni est en neuvième position, avec seulement 0,97 demandes pour 1 000 habitants. En 2005, c'est la France qui a reçu le plus grand nombre de demandes en Europe (50 050), suivie par le Royaume-Uni avec 30 460 demandes, puis l'Allemagne avec 28 910, l'Autriche avec 22 470 et la Belgique avec 15 960.

En termes de population, le taux de fécondité européen est au plus bas, bien en-dessous du seuil de renouvellement des générations, ce qui causera inévitablement de sévères pressions économiques sur les pays européens à long terme. Selon les estimations du FNUAP, 6 millions de personnes supplémentaires en âge de travailler seront nécessaires afin de répondre à la pénurie de main d'œuvre à venir. En outre, selon l'UNHCR, au Royaume-Uni « les recherches du ministère de l'Intérieur ont montré que le montant total versé en impôts par les migrants en 1999-2000 s’élevait à 31,2 milliards de livres, alors que le montant total des diverses allocations qu'ils avaient perçues était de 28,8 milliards de livres. Ainsi les migrants ont-ils rapportés environ 2,5 millions de livres au ministère des Finances. » Si on leur en donne l'occasion, les réfugiés peuvent donc contribuer à un pays de manière significative, que ce soit économiquement ou culturellement,.

Budgets des principales organisations mandatées pour venir en aide aux personnes déplacées ($) :
UNHCR (2008) – 1 673 286 906 $
CARE USA (2007) – 607 800 000 $
Organisation internationale pour les migrations (OIM) (2005) – 639 300 000 $
Comité international de secours (CIS) (2007) – 239 170 000 $
Département d'état des États-Unis, Bureau chargé des questions liées à la population, aux réfugiés et à la migration (2005) – 997 000 000 $
Comité américain pour les réfugiés et les immigrants (U.S. Committe for Refugees and Immigrants (USCRI)) (2006) – 18 784 600 $
World Vision International (2007) – 2 220 212 000 $
World Vision USA (2006) – 819 000 000 $

Sources principales d'information :

Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (United Nations High Commissioner for Refugees, UNHCR)
www.unhcr.ch

Comité américain pour les réfugiés et les immigrants (US Committee for Refugees and Immigrants, USCRI)
www.refugees.org/

Observatoire des situations de déplacement interne (Internal Displacement Monitoring Centre, IDMC)
www.internal-displacement.org

Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, UNRWA)
www.un.org/unrwa

Conseil européen sur les réfugiés et les exilés (European Council on Refugees and Exiles, ECRE)
www.ecre.org


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